mardi 18 janvier 2011, par
Discours de Christophe Rouillon sur l’Union pour la Méditerranée des régions et des villes->
à la décision prise à la conférence ministérielle euro-méditerranéenne en novembre 1995, les conseils économiques et sociaux et les institutions similaires de l’Union européenne et des pays partenaires de l’Euromed tiennent régulièrement des sommets depuis 1995.
Ces réunions visent à promouvoir une plus grande compréhension des principales questions qui touchent à la société civile organisée dans la région Euromed et à favoriser la connaissance mutuelle des réalités économiques et sociales.
Les dix derniers forums civils ont été organisés dans les pays du Nord de la Méditerranée et un seulement au sud de la Méditerranée à Marrakech. Le forum de Marseille du 31 octobre, 1et 2 novembre 2008 a traité le sujet de la mobilité.
Si la mondialisation a fragilisé les économies du sud et a produit comme effet l’assignation à résidence de populations entières, l’Europe de son côté y a contribué par le biais de politiques de plus en plus xénophobes.
On pourrait se demander pourquoi un projet comme celui de l’Euro-méditerranée a rencontré tant de difficultés à apporter des réponses à la question de l’échange humain, et de la circulation des personnes dans une région qui se définit elle-même comme un espace à partager, un creuset de cultures, un lieu dont la vocation est l’échange commercial et humain.
La société civile euro-méditerranéenne a franchi une étape supplémentaire en pérennisant son action et en devenant un acteur indispensable dans la région. Cela a permis de jouer un rôle positif et de soutenir les actions de la société civile dans le domaine de la démocratie, des droits de l’Homme, les droits de la femme, la paix et la libre circulation des hommes dans la région.
Le forum civil de Marseille de 2008 a été en effet l’occasion pour la société civile de faire des propositions et des recommandations aux politiques de la région et en particulier à la France qui présidait l’Union européenne et l’Union pour la méditerranée.
Objectifs de la Plateforme Euromed : promouvoir le rôle et la place de la société civile dans tous les échanges et les partenariats euro-méditerranéens ; créer les conditions d’un dialogue respectueux de l’indépendance, de l’autonomie et de la place de chacun entre pouvoirs publics et acteurs de la société civile ; organiser les foras civils à travers les consultations locales, le déroulement du forum civil et le suivi des recommandations.
Il y a eu neuf forums civils : Forum Civil Barcelone (1995) Forum Civil Malte (1997) Forum Civil Naples (1997) Forum Civil Stuttgart (1999) Forum Civil Marseille (2000) Forum Civil Valencia (2002) Forum Civil Chania (2003) Forum Civil Naples (2003) Forum Civil Luxembourg (2005) Forum Civil Marrakech (2006)
Discours de M. Christophe ROUILLON, membre de l’Assemblée Régionale et Locale Euro-Méditerranéenne (ARLEM) Membre du Comité des Régions (FR/PES)
Sommet euro-méditerranéen des conseils économiques et sociaux et institutions similaires
Rome, Italie
10 au 12 novembre 2010
Messieurs les Présidents,
Monsieur le Secrétaire Général,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
C’est un grand honneur pour moi d’être présent parmi vous aujourd’hui, pour représenter Mme Mercedes Bresso, Présidente du Comité des Régions et des villes de l’Union européenne et co-présidente de l’Assemblée Régionale et Locale Euro-Méditerranéenne (ARLEM), qui ne pourra malheureusement pas participer à cette réunion.
Depuis sa création en 1994, le Comité des régions, assemblée des èlus des 100 000 collectivités locales d’Europe, a travaillé pour rendre l’Europe plus démocratique, plus transparente et plus solidaire.
Le but principal du Comité a toujours été d’aider à créer une Union européenne en phase avec les attentes de nos concitoyens et soutenue par les Européens. Le traité de Lisbonne, qui est entré en vigueur le 1er décembre 2009, est un pas en avant important car il permet à tous les niveaux des gouvernements en Europe de travailler ensemble.
Convaincu de l’importance de la coopération Euro-méditerranéenne, le Comité des Régions a entamé il y a deux ans un processus de création d’une assemblée d’élus régionaux et locaux de la Méditerranée, qui a conduit en janvier 2010 à la création de l’ARLEM, l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne. Ce projet a ainsi ajouté une dimension territoriale aux espaces politiques déjà occupés par l’UpM au niveau gouvernemental et par l’Euromed au niveau des assemblées parlementaires.
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Mesdames et Messieurs,
Le CdR reconnait le rôle fondamental du Comité économique et social de l’UE, des conseils économiques et sociaux et des institutions similaires dans l’organisation des réunions qui visent à promouvoir une compréhension majeure des principales questions qui touchent à la société civile organisée dans la région Euromed.
Nous sommes convaincus que la participation des Autorités Locales et Régionales aussi bien que des acteurs économiques et sociaux et des autres représentants de la société civile organisée est réellement indispensable à la réussite de toute politique européenne.
Le CdR partage l’idée d’utiliser des Forum comme des moments d’échange entre les différentes cultures et civilisations à la fois proches et lointaines, et soutient la Plate-forme Euromed pour son efficacité dans le développement du dialogue entre les principaux acteurs de la société civile euro-méditerranéenne.
La force de cette Plate-forme non-gouvernementale réside dans la composition plurielle de ses membres, tel que des réseaux régionaux, sous-régionaux et locaux agissant en différents domaines comme la défense des droits de l’homme, de la démocratie, de la paix et de la prévention des conflits, des migrants, de la sauvegarde de l’environnement, les questions des jeunes et de l’éducation, de l’égalité entre hommes et femmes, du développement durable, de la promotion des droits économiques et sociaux, du dialogue culturel etc.
Les neuf Forums qui ont lieu jusqu’à présent ont sans doute favorisé la création d’un espace de dialogue, de débat et de partage unique entre les réseaux, les ONG et les acteurs actifs de la société civile euro-méditerranéenne aussi bien que le renforcement de nouvelles synergies dans l’élaboration des stratégies politiques communes.
Le dernier forum civil de Marseille a été l’occasion pour la société civile d’envoyer des propositions fortes ainsi que de claires recommandations politiques à la présidence de l’Union européenne ainsi qu’à l’Union pour la Méditerranée.
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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Avec la création de l’ARLEM, le Comité des régions et des villes de l’Union européenne a donc voulu relancer le partenariat euro-méditerranéen en conférant une dimension locale et régionale à l’Union pour la Méditerranée. Cette alliance est indispensable pour renforcer la coopération sud-sud et nord-sud et à promouvoir le lancement de nouveaux projets de coopération.
Cette Assemblée des élus de la Méditerranée est née officiellement le 21 janvier 2010 à Barcelone.
Elle a comblé une lacune importante dans la coopération Euro-méditerranéenne car les collectivités territoriales n’était auparavant pas représentées au sein de de l’UpM et a offert un lien direct entre les Autorités Locales et Régionales Méditerranéenne et leurs citoyens.
L’ARLEM est une assemblée consultative, paritaire et permanente, qui vise à renforcer la dimension territoriale de l’Union pour la Méditerranée.
Le but de l’ARLEM est de devenir l’interlocuteur territorial de l’UpM.
De plus, l’ARLEM vise à faciliter la création de projets innovants, la coopération entre villes et régions des trois rives de la Méditerranée et l’échange d’expériences et de bonnes pratiques. C’est ainsi qu’elle complète la coopération intergouvernementale et constitue une vraie valeur ajoutée.
Enfin, l’ARLEM a pour objectif de mettre en relation les collectivités territoriales avec les bailleurs de fonds et faire ainsi rencontrer l’offre et de la demande de projets et de financements.
Depuis sa création l’ARLEM a connu un grand soutien de la coprésidence franco-égyptienne de l’UpM et de son Secrétaire général M. Masa’deh.
Je suis fier de vous annoncer que l’ARLEM a obtenu le statut d’observateur de l’UpM et que son Secrétariat peut donc suivre régulierement les réunions des Hauts Fonctionnaires et informer les membres des développements de l’UpM.
Le travail thématique de l’ARLEM est préparé par deux commissions qui, annuellement, décident de traiter un des sujets importants pour la Méditerranée.
La Commission du développement durable (SUDEV) a décidé, en 2010, de s’occuper de la gestion locale de l’eau. La deuxième réunion de cette Commission s’est tenue le 8 novembre à Marseille à l’invitation de Michel Vauzelle, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
La Commission des affaires économiques, sociales et territoriales (ECOTER) a opté pour un autre sujet, cher à la Méditerranée, le développement durable urbain et a tenu sa deuxième réunion le 28 octobre à Bruxelles au Comité des Régions.
Au cours des réunions de ces deux commissions il y a eu des interventions de responsables d’assemblées locales, de représentants de l’UpM, de la Banque Européenne d’Investissement, des institutions européennes, de la société civile et d’experts.
Le but de chacune de ces deux commissions a été d’adopter un projet de rapport sur les deux thématiques choisies et de les soumettre aux membres de l’Assemblée plénière.
En ce qui concerne la Commission ECOTER, un débat a déjà eu lieu sur le projet de rapport concernant le développement urbain dans le basin méditerranéen. Il a été rédigé par le rapporteur M. Khalid AL-HNAIFAT, maire du Grand Tafilah (Jordanie). La version finale de ce document, aussi bien que celle du rapport sur la gestion de l’eau, seront présentées pour adoption lors de la session plénière qui se tiendra à Agadir, au Maroc, le 29 janvier 2011.
La création de l’ARLEM contribue à l’amélioration de la gouvernance dans l’espace euro-méditerranéen parce qu’elle promeut la décentralisation et la gouvernance à multi-niveaux en facilitant une approche partenariale entre tous les échelons de gouvernement : le niveau national, le niveau régional et le niveau local.
En outre, l’ARLEM promeut la coopération territoriale à travers les frontières nationales dans l’espace euro-méditerranéen ainsi que la coopération transfrontalière. La légitimité, l’efficacité et la visibilité de la coopération euro-méditerranéenne sont donc améliorés par la contribution de tous les acteurs. Les autorités locales et régionales doivent devenir partenaires véritables pour l’Union pour la Méditerranée d’autant plus qu’ils sont en contact direct avec les citoyens et qu’ils sont souvent les premières instances concernées par les défis en Méditerranée.
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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
En tant que membre de l’ARLEM et en tant que maire de Coulaines, je suis très honoré de pouvoir participer à cette nouvelle édition du Sommet euro-méditerranéen.
Je tiens à remercier vivement les organisateurs de nous donner encore une fois l’occasion de débattre sur le thème de la coopération à multi-niveaux qui est si déterminant pour l’avenir.
Cette solidarité active permettra de forger un nouveau destin aux peuples des trois rives de la Méditerranée.
Nous accomplirons ensemble un grand dessein pour notre "mare nostrum" : faire de la mer méditerranée chère au grand historien Fernand Braudel, berceau de notre civilisation européenne, un eldorado de développement solidaire et durable ainsi que le creuset de l’intégration de nos peuples.
Je vous remercie de votre attention.
Christophe Rouillon
Maire de Coulaines
Conseiller général de la Sarthe
Vice-président de l’Association des Maires de France, président de la Commission Europe
Membre du Comité des régions de l’Union européenne