Christophe Rouillon s’exprime à "l’Essor de la gendarmerie"

Non à la généralisation de la vidéosurveillance sur la voie publique

Opposé à la vidéosurveillance sur le domaine public, le maire de Coulaines fait valoir des arguments éthiques. Il propose une approche de la sécurité fondée sur des mesures de prévention mises en place par les élus.

lundi 6 décembre 2010, par Christophe ROUILLON

La vidéosurveillance peut se concevoir dans les lieux clos (parking, gares...), les transports publics et les sites sensibles. En revanche, son expansion sur le domaine public est inéfficace et attentatoire aux libertés. EXTRAIT DE L’INTERVIEW A L’ESSOR DE LA GENDARMERIE... Retrouvez l’interview complète en pdf ->

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« L’Essor ». – Quelles réponses apportez vous à la lutte contre la délinquence ?

Christophe ROUILLON. – J’ai refusé les solutions de facilité comme la création d’une police municipale et l’installation de caméras de vidéosurveillance. Ma conception est que la sécurité relève de l’Etat, et que les villes doivent être chargés de la prévention en amont et de la vigilance sur la tranquillité. De plus, je considère que ces dispositifs dérogatoires sont des impôts sur la pauvreté, parce que plus les villes sont pauvres, plus elles vont être amenées à financer ces dispositifs extrêmement coûteux. Pour les villes balnéaires avec des casinos ou pour les villes riches avec beaucoup de taxe professionnelle, d’accord. Ici, ce n’est pas le cas.

« L’Essor ». – Vous ne pourriez pas les financer ?

Christophe ROUILLON. – C’est toujours possible, mais c’est une question de choix politique. Si nous décidions de mettre en place des caméras, il faudrait peut-être supprimer la saison culturelle jeune public, ou diviser par deux les crédits consacrés à la réussite éducative. Je suis prêt à dépenser 400 000 € pour les contrats éducatifs locaux, ou pour développer une programmation culturelle pour les jeunes. Je préfère cela que d’installer des caméras vidéo qui ne servent à rien, sinon à se donner bonne conscience et à faire croire que l’on agit. Je reste persuadé que si l’on règle les inégalités d’accès au savoir, si l’on instaure de bonnes règles de comportement en société, si l’on se donne les moyens humains de transmettre des valeurs par le sport, l’éducation et la culture, la délinquance se tarira. Cela nécessite aussi une présence humaine des élus et des forces de police. (...)

Big Brother State
Version française du film de David Scharf Big Brother State

Pour information : sans caméras vidéos sur la voie publique la délinquance est à Coulaines (avec 50 % de logement de logements sociaux) inférieure de près de 50 % à la moyenne nationale (chiffres officiels du Ministère de l’Intérieur) !

Documents joints

Christophe Rouillon
Maire de Coulaines
Conseiller général de la Sarthe
Vice-président de l’Association des Maires de France, président de la Commission Europe
Membre du Comité des régions de l’Union européenne

Créé le lundi 21 novembre 2005  - Mis à jour le dimanche 5 février 2012
Christophe Rouillon
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