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"La décentralisation c’est comme au rugby, on passe le ballon vers l’arrière et à la fin c’est toujours le Maire qui se fait plaquer..."

Discours de Christophe ROUILLON au Congrès départemental des Maires de Seine-Maritime

dimanche 9 janvier 2011, par Christophe ROUILLON

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Congrès départemental des Maires de Seine-Maritime le samedi 20 novembre 2010 à Rouen (Hôtel du Département)
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"J’ajoute aussi que nous sommes confrontés à un discours contradictoire du gouvernement. Quand c’était la crise en 2009, il fallait relancer l’investissement. Et en 2010 quand les finances publiques sont à la dérive, on nous demande de diminuer drastiquement nos dépenses. A la fin, on finit par tourner bourrique !

(...)

Je voudrais citer le regretté Philippe SEGUIN, qui lors d’un petit-déjeuner réunissant les membres du bureau de l’AMF, nous disait avec facétie que « la décentralisation c’est comme au rugby, on passe le ballon vers l’arrière et à la fin c’est toujours le Maire qui se fait plaquer ». (...)

J’ai peur que finalement la réforme « Sarkozy-Fillon » coûte très cher à la fois aux communes et aux départements, qu’elle ne réduise pas les injustices, qu’elle coûte aussi très cher à l’Etat, qui va devoir financer par la dette la compensation de taxe professionnelle et qui nous renverra un jour la facture. Il ne faut pas non plus se faire d’illusion sur les prétendus effets bénéfiques de cette réforme sur la croissance économique. Je crains que même les entreprises n’aient remportées qu’une victoire à la Pyrrhus au regard de la diminution de la commande publique constatée en 2009.

(...) Au total, cette réforme est décevante.

Nos gouvernants actuels n’ont pas su sceller un « Pacte de concorde salutaire » avec les collectivités locales comme CHARLES II LE CHAUVE – le premier roi de France - a eu l’intelligence de le faire avec ses féodaux en 843, dans ma ville, à COULAINES, pour sauver sa couronne !

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Congrès départemental des Maires de Seine-Maritime le samedi 20 novembre 2010 à Rouen (Hôtel du Département) - Discours de Christophe ROUILLON, Vice-président de l’Association des Maires de France (président de la commission Europe) Maire de Coulaines (Sarthe)

Extraits 

"Je veux remercier très sincèrement votre Président Denis MERVILLLE pour son invitation. Quand il m’a dit que les précédents intervenants avaient été Nicolas SARKOZY, Brice HORTEFEUX, André LAIGNEL et l’année dernière Gérard LARCHER, j’avoue avoir eu un moment d’hésitation…"

(...)

Je suis maire depuis 10 ans d’une commune pauvre qui, comme vous, va de l’avant, se bats, a confiance dans l’avenir et a beaucoup investi depuis le déclenchement de la crise financière de septembre 2009 pour relancer l’économie.

 

 Mais on peut le constater amèrement aujourd’hui, jamais l’avenir n’a été aussi opaque. Nous sommes plus que jamais face à l’urgence sociale, nous sommes face aux effets de la crise et, en tant que maire, j’ai l’impression de pratiquer tous les jours le saut à l’élastique avec un l’Etat qui nous leste régulièrement de charges supplémentaires. Je citerai les transferts de charge en matière social, d’éducation, d’emploi ou encore de sécurité publique.

Le gouvernement tente par la même occasion de nous refiler l’impopularité des problèmes insolubles et de la hausse des impôts locaux devenue inéluctable. "Mes chers collègues, ce n’est pas facile d’être maire, mais je le pense sincèrement, notre vie est passionnante et nous avons la chance d’exercer une très belle mission.

Malgré les difficultés et les embûches qui sont placées sur notre chemin, nous désirons continuer à agir au plus près de nos concitoyens pour faire face à toutes les crises qu’elles soient sociales, civiques et également démocratiques."

(...)

"Nous sommes effectivement dans un climat de grand chambardement. Heureusement, l’Association des Maires de France n’a pas été passive.

Nous avons joué collectif et dans l’unité pour éviter que la réforme territoriale ne se transforme pas en véritable bérézina pour les communes de France.

Nous nous sommes battus pour une certaine idée de la République : une République solidaire et proche de nos concitoyens.

Nous avons été très actifs pour faire adopter des amendements de l’AMF, de manière à limiter le risque d’implosion de la commune et d’asphyxie financière totale.

Au final, un peu comme à la bataille navale, nous avons été touchés mais pas coulés.

(...)

Pourtant l’Europe c’est vital car les questions européennes sont devenues des questions nationales et l’unité des peuples d’Europe reste la seule antidote à la montée des nationalismes porteurs du germe des conflits armés. (...)

(...)

C’est vrai qu’il reste beaucoup de difficultés sociales et de misère en France mais cela n’a rien à voir avec ce qui se passe dans les pays pauvres. Ma ville est jumelée avec la ville de KOURé au NIGER et nous savons ce que signifie l’expression « manquer de tout ».

Et en aidant les pays, où des centaines de millions hommes, des femmes et des enfants vivent avec moins de 1 dollar par jour, on s’aidera soi-même à régler les problèmes de la croissance économique durable, de l’immigration et du terrorisme. Il est anormal que les chinois supplantent l’Union Européenne en Afrique et que les jeunes de nos quartiers ne puissent devenir nos meilleurs ambassadeurs dans leurs pays d’origine. 

(...)

"Je plaiderais une dernière fois pour qu’il y ait une nouvelle architecture qui aille de l’Europe à nos communes et qui fasse place au bon sens."

 

Nous demandons un travail législatif qui respecte le principe de proportionnalité. Nous ne voulons plus de lois disproportionnées qui écrasent des mouches avec des rochers.

Nous souhaitons aussi que le principe de subsidiarité s’applique à la fois entre les États et l’Europe et à la fois entre les communes et leurs intercommunalités. Les politiques publiques doivent être menées au bon niveau. Quand une action est plus efficace et moins couteuse lorsqu’elle est menée au niveau de la proximité, à mon sens, la commune et le département doivent agir. Quand il s’agit d’une politique plus globale, et bien là, la Région, l’État et l’Europe doivent intervenir.

Je plaide aussi pour qu’un Pacte financier de confiance entre l’Etat et les collectivités territoriales éclaircisse l’avenir et, surtout, nous encourage à agir dans la sécurité.

Il faut penser local et agir global, c’est le but de notre action de lobbying auprès des centres de décisions européens."

Il faut agir local et penser global, c’est pourquoi je compte aussi sur vous, en ma qualité de Président de la Commission Europe de l’Association des Maires de France, pour être les ambassadeurs et les acteurs d’une Europe plus sociale et plus proche de nos concitoyens."

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Congrès départemental des Maires de Seine-Maritime le samedi 20 novembre 2010 à Rouen (Hôtel du Département)
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Christophe Rouillon
Maire de Coulaines
Conseiller général de la Sarthe
Vice-président de l’Association des Maires de France, président de la Commission Europe
Membre du Comité des régions de l’Union européenne

Créé le lundi 21 novembre 2005  - Mis à jour le jeudi 10 mai 2012
Christophe Rouillon
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