J’ai présidé la Commission Europe de l’Association des Maires de France à la Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité Régionale (DATAR)

Compte rendu des débat sur le thème de l’avenir de la politique de cohésion

jeudi 7 avril 2011, par Christophe ROUILLON

La réunion s’est déroulé en présence d’Emmanuel BERTHIER, délégué à l’aménagement des territoires et à l’attractivité des régions, Dirk AHNER, Directeur Général à la DG Regio (Commission européenne) et Jacques PÉLISSARD, Président de l’Association des Maires de France, député-maire de Lons-le-Saunier.

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Compte rendu des débat de la Commission Europe de L’AMF sur le thème de l’avenir de la politique de cohésion à la Datar

Christophe ROUILLON, maire de Coulaines et président de la Commission Europe de l’AMF explique qu’il est important pour les élus d’être soutenus par les institutions européennes. Aujourd’hui les maires présents sont nombreux, ils représentent tous les territoires de France. Il est parfois compliqué de faire comprendre l’Europe, d’autant plus compliqué que l’on travaille sur des choix politiques qui vont se concrétiser dans 5, 10, 20 ans, dans un monde médiatique où l’immédiateté est centrale. Mais ces politiques, ces réglementations vont arriver vite car le processus européen est un affinage long. Ce timing n’est pas forcément dans la culture française mais il est important de « voir venir les coups » à l’avance.

Si la stratégie Europe 2020 et le Traité de Lisbonne sont, pour les collectivités, des étapes positives et importantes, il subsiste des inquiétudes sur la place qui va leur être donnée.

Comment vont-elles être associées aux choix stratégique de l’UE ? Quelles vont être les priorités ? Est-ce qu’il y aura toujours des crédits vers les projets locaux ? Que restera-t-il pour les territoires ruraux et les banlieues en difficulté ? Le niveau communal va-t-il être associé au dialogue UE-Etats-Régions ?

La MEPLF a déjà exprimé sa position devant le ministre Le Maire, lors de la réunion du 19 janvier 2011, à Paris. Michel Delebarre a aussi exposé au Comité des Régions (CdR) un rapport très riche adopté en commission « cohésion territoriale » la semaine dernière.

La discussion va s’ouvrir et les élus sont prêts à un vrai travail de partenariat avec l’Etat, mais aussi prêts à aider la Commission dans le bras de fer avec les Etats membres sur le budget européen, afin de démontrer que l’argent de l’Europe peut être un levier pour la compétitivité et la croissance.

Emmanuel BERTHIER, délégué à l’aménagement des territoires et à l’attractivité des régions, se réjouit que l’AMF ait choisi de délocaliser sa commission Europe dans les locaux de la DATAR. Cela témoigne de la force des liens qui unissent les deux institutions, d’autant plus sur la gestion de la politique de cohésion. L’AMF compte 36 000 communes et la DATAR 130 personnes d’une petite délégation rattachée au premier ministre.

Le débat sur le proche avenir (2014-2020) a commencé et la stratégie UE 2020 va se concrétiser à travers un certain nombre de débats : le budget à l’été ; la stratégie de politique de cohésion. Ainsi cette réunion est organisée à un moment crucial.

Extraits : "Christophe Rouillon présente la position du Comité des Régions, en soulignant d’abord que le 5ème rapport est une bonne base de discussion. Le bilan des fonds structurels est positif, mais les inégalités subsistent.

Les membres du CdR sont satisfaits de la nouvelle architecture, notamment pour les régions intermédiaires.

Cependant, du point de vue des critères, le PIB ne suffit plus. Il faudrait d’autres indicateurs, tenant comptedes services publics, de l’environnement, etc…

Le CdR réfléchit avec Eurostat à des indicateurs qui pourraient mieux rendre compte des inégalités entre les territoires.

La dernière programmation a été réalisée sans réelle consultation des acteurs locaux et régionaux etl’information sur la consommation des crédits est lacunaire. Il y a donc des efforts à faire en matière de gouvernance.

Les objectifs de la politique de la cohésion doivent s’articuler avec les objectifs de l’UE mais la stratégie Europe 2020 ne recouvre pas toutes les préoccupations des territoires. La solution pourrait être l’élaboration d’une liste de priorités thématiques qui seraient négociées avec les territoires.

Ce qui frappe aujourd’hui ce sont les inégalités au sein même des régions. Des zones de relégationssociales côtoient des zones dynamiques, alors même qu’ « il y a une richesse humaine dans les banlieue qui doit être exploitée », de même que dans le monde rural éloigné. Il faudrait développer le télétravail et encourager ces zones en difficulté à participer à la croissance économique.

Le CdR est favorable à un pacte territorial pour mettre plus de cohérence, dès le départ, mais s’oppose à certaines conditionnalités macro-économiques. Les pouvoirs locaux et régionaux n’ont pas à subir le nonrespect du pacte de stabilité par les États. Les conditionnalités financières liées aux résultats peuvent également être source d’injustice par rapport aux collectivités locales qui ont plus de chances pour réussir leur politique, c’est-à-dire souvent celles qui ont déjà le plus de moyens.

Le CdR est favorable à une simplification dans la mise en oeuvre des programmes mais sans pour autant bouleverser les programmes en place.

Sur la règle du dégagement d’office, il ne faut pas tirer de conclusion hâtive et garder à l’esprit que la consommation des crédits est structurellement moindre pendant les premières années des projets.

Dirk AHNER, Directeur général pour la politique régionale à la Commission européenne à Bruxelles, remercie l’AMF pour son invitation, il avait reçu la visite des élus de la MEPLF à Bruxelles en octobre dernier. A ses yeux, ces rencontres sont très importantes car il faudrait un contact plus régulier pour échanger sur les nouvelles idées. Il rappelle qu’au fond la Commission européenne et les collectivités partagent un même but : que les territoires se développent bien, que les régions aillent mieux en Europe. Il faudra avant tout discuter des moyens d’y parvenir.

Politique de cohésion et Stratégie Europe 2020 La politique de cohésion a déjà un rôle décrit dans le Traité de Lisbonne, celui de « promouvoir un développement harmonieux en Europe ». Elle le fait, dès à présent, par le soutien aux investissements en capital fixe, humain et social. Et la plupart des priorités de la politique de cohésion sont déjà en phase avec UE 2020. Elle a fait ses preuves : elle peut stimuler la croissance intelligente, durable et inclusive. 80% des dépenses de politique de cohésion par les Etats Membres servent déjà les objectifs d’Europe 2020.

D’autres avantages de la politique de cohésions sont liés à sa mise en oeuvre par l’intermédiaire des programmes de développement. Pluridisciplinaire et multiniveaux, elle permet d’intégrer et de trouver des solutions sur-mesure.

Elle se traduit par un véritable développement sur le terrain et permet d’entamer une discussion intensive avec les territoires. Sans cette politique, il manquerait à l’Union européenne un « pont » avec les régions, qui permet une appropriation au niveau régional des objectifs et des priorités européens.

Afin de contribuer pleinement aux objectifs d’Europe 2020, il faut que la politique de cohésion s’applique dans toutes les régions. Cela ne l’empêchera pas de répondre à l’objectif premier de solidarité, en concentrant un le soutien sur les régions et les pays les moins en avance en termes de développement.

On peut se demander s’il n’y a pas eu trop de concentration thématique aux vues des difficultés d’absorption constatées.

Une attention particulière doit être portée vers des (sous-)régions fonctionnelles (ayant des spécificités : régions de montagne, villes...). Les premiers partenaires de la Commission européenne sont d’abord les Etats membres et les plus grandes régions. Entre la région Bavière et la région tchèque de l’autre côté de la frontière, il existe de grandes différences, il est donc normal de laisser une région comme la Bavière décider de son programme. Mais pour éviter tout malentendu, le premier partenaire c’est l’Etat membre.

Christophe Rouillon
Maire de Coulaines
Conseiller général de la Sarthe
Vice-président de l’Association des Maires de France, président de la Commission Europe
Membre du Comité des régions de l’Union européenne

Créé le lundi 21 novembre 2005  - Mis à jour le jeudi 10 mai 2012
Christophe Rouillon
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